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Norme rayonnage : qui contrôle vos installations, et à quelle fréquence ?

21 décembre 2023 · André Pioutaz
Sommaire de l'article

La conformité aux normes de rayonnage est un pilier essentiel pour toute entreprise de stockage et de logistique. Un rayonnage industriel conforme, c’est d’abord la sécurité des opérations.

Mais ce n’est pas tout. Appliquer ces normes aide aussi à mieux utiliser l’espace et à améliorer l’efficacité des processus de stockage.

Ce guide couvre deux volets. D’abord les quatre normes NF EN qui encadrent l’installation. Ensuite les caractéristiques du site à vérifier avant de choisir vos rayonnages.

NormeCe qu’elle couvreQui elle concerne
NF EN 15512Calcul et résistance des structuresLe fabricant, au moment de la conception
NF EN 15620Tolérances de fabrication et d’installationL’installateur
NF EN 15629Spécification du besoin avant achatL’acheteur
NF EN 15635Utilisation, maintenance, inspectionVous, tous les jours
NF EN 16681Calcul en zone sismique, en complément de la 15512Le fabricant

La quatrième ligne est celle qui vous engage. Les autres encadrent le travail du fabricant et de l’installateur. La NF EN 15635 encadre le vôtre, à partir du jour où le rayonnage est monté.

Quelles inspections la norme NF EN 15635 impose-t-elle ?

Deux niveaux d’inspection, et ils ne se remplacent pas.

Une inspection experte, réalisée par une personne techniquement compétente et indépendante de l’exploitation quotidienne. L’intervalle entre deux inspections expertes ne doit pas dépasser douze mois.

Des vérifications visuelles régulières, organisées en interne par vos propres équipes, dont la fréquence est fixée par le responsable désigné en fonction de l’usage réel de l’installation.

La norme est la référence en France depuis janvier 2009 pour le contrôle périodique et pour la vérification avant mise en service. Pour cette dernière, elle s’utilise conjointement avec la brochure ED 771 de l’INRS.

L’inspection experte ne se substitue pas aux vérifications internes. Un entrepôt qui fait venir un expert une fois par an mais ne regarde rien entre-temps applique la moitié de la norme. Onze mois peuvent passer entre le choc d’un chariot sur un montant et sa détection.

L’inspection ne porte pas que sur la structure. Les équipements de protection font partie de l’installation contrôlée : un sabot déformé, une protection d’allée descellée ou un filet détendu se relèvent et se consignent au même titre qu’un montant enfoncé. Voir quels équipements de protection installer sur un rayonnage.

Qu’est-ce que le PRSES et pourquoi devez-vous en désigner un ?

Le PRSES est la Personne Responsable de la Sécurité des Équipements de Stockage. La norme prévoit sa désignation au sein de l’établissement.

Son rôle est précis. Il fixe la fréquence des vérifications internes en fonction de l’utilisation des installations. Il centralise les signalements de dommages. Il suit les réparations jusqu’à leur réalisation. Il sert d’interlocuteur lors des inspections expertes.

Sans PRSES clairement identifié, la chaîne de sécurité présente une faille : les dommages sont vus par les caristes mais ne remontent nulle part, et personne ne décide de la fréquence des contrôles.

C’est le point le plus souvent manquant dans les entrepôts qui pensent être en règle. Le contrôle annuel est fait, la facture est là, mais aucune personne n’est désignée et rien ne se passe entre deux visites.

Vert, orange, rouge : comment un dommage est-il classé ?

La norme classe chaque dommage constaté en trois niveaux, selon l’écart mesuré par rapport aux tolérances admises.

NiveauCe qui a été mesuréCe que vous devez faire
VertLes tolérances de la norme sont respectéesSurveiller, consigner, ne rien déposer d’autre
OrangeLes tolérances sont dépassées d’un facteur inférieur à 2Remplacer rapidement l’élément endommagé
RougeLes tolérances sont dépassées d’un facteur supérieur ou égal à 2Décharger et mettre hors service immédiatement

Le rouge n’est pas un avertissement, c’est un arrêt. La travée se décharge et ne se recharge pas avant remplacement de l’élément.

Ce que l’inspection relève concrètement : montants pliés, enfoncés ou percutés, lisses déformées, échelles fragilisées, platines fissurées, ancrages au sol défaillants, protections manquantes, corrosion.

Un point souvent mal compris : un montant enfoncé ne se redresse pas. L’acier a été déformé au-delà de sa limite élastique, sa résistance calculée n’est plus celle du certificat. Il se remplace.

D’où l’intérêt d’empêcher le dommage plutôt que de le classer : au pied d’un montant, un sabot encaisse le choc que la structure ne pardonne pas. C’est le raisonnement développé dans notre guide sur l’ordre dans lequel équiper un rayonnage.

À quelle fréquence faut-il contrôler ses rayonnages ?

Douze mois maximum entre deux inspections expertes. C’est le seul intervalle chiffré par la norme.

Pour les vérifications internes, la norme ne fixe pas de fréquence unique. Elle confie cette décision au PRSES, qui la détermine en fonction de l’utilisation réelle : intensité du trafic de chariots, hauteur des installations, rotation des charges, historique des incidents.

Un entrepôt à forte rotation avec des chariots élévateurs en permanence ne se contrôle pas au même rythme qu’une réserve de magasin approvisionnée à la main. La norme le reconnaît et vous laisse la responsabilité de la calibrer, à condition qu’une personne soit désignée pour le faire.

Que se passe-t-il si vous ne contrôlez pas ?

Les installations de stockage font partie des équipements de travail et relèvent du Code du travail.

L’article L.4121-1 impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, ce qui comprend des actions de prévention des risques professionnels, des actions d’information et de formation, et la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

Les normes NF EN ne sont pas d’application obligatoire en elles-mêmes. Elles constituent la référence technique qui permet de démontrer que ces obligations légales ont été respectées. C’est en cas de contrôle ou de sinistre que la distinction disparaît : sans rapport d’inspection, il devient difficile d’établir que les mesures nécessaires avaient été prises.

Un rapport d’inspection daté et classé est un document opposable. C’est sa fonction première, avant même la détection des dommages.

Les normes qui encadrent le rayonnage industriel

Plusieurs normes clés régissent l’installation des rayonnages industriels. Elles assurent la sécurité, la qualité et l’efficacité des systèmes de stockage.

En voici le résumé :

  • NF EN 15620 : tolérances, déformations et jeux ;
  • NF EN 15629 : exigences de qualité des équipements ;
  • NF EN 15512 : principes de conception et de charge ;
  • NF EN 15635 : sécurité en exploitation et inspection.

NF EN 15620 : tolérances, déformations et jeux

La norme NF EN 15620 porte sur les tolérances, les déformations et les jeux des systèmes de rayonnage à palettes.

Elle est cruciale pour l’alignement correct et la sécurité opérationnelle des installations. Concrètement, elle définit :

  • les exigences pour un fonctionnement sûr des rayonnages ;
  • les directives d’installation ;
  • les directives d’entretien, pour prévenir les défaillances structurelles.

Elle concerne directement les rayonnages à palettes.

NF EN 15629 : les exigences de qualité

La norme NF EN 15629 fixe les exigences de qualité des équipements de stockage. Elle couvre la sécurité, la conception structurelle et la durabilité des systèmes de rayonnage.

Elle établit des critères d’évaluation sur trois plans :

  • la qualité des matériaux ;
  • la conception du système ;
  • la construction proprement dite.

Objectif : garantir que les rayonnages sont adaptés à leur usage prévu et conformes aux normes de sécurité.

NF EN 15512 : conception et répartition des charges

La norme NF EN 15512 porte sur les principes de conception des systèmes de rayonnage à palettes ajustables, et sur leur application.

Elle couvre trois grands sujets :

  • la résistance des matériaux ;
  • la stabilité de l’ensemble ;
  • la répartition des charges.

Son rôle est essentiel. C’est elle qui garantit que les rayonnages sont conçus pour supporter les charges spécifiées et pour résister aux conditions d’exploitation en milieu industriel.

NF EN 15635 : la sécurité dans la durée

La norme NF EN 15635 traite de la sécurité continue des systèmes de rayonnage. Elle porte sur l’inspection, la maintenance et la sécurité opérationnelle.

Elle vise à ce que les rayonnages restent sûrs pendant toute leur durée d’utilisation. Pour cela, elle prévoit :

  • des procédures d’inspection régulière ;
  • l’évaluation de l’intégrité structurelle des rayonnages.

Elle va de pair avec les accessoires de protection des rayonnages.

Rayonnage de stockage installé en entrepôt selon les normes de sécurité

Le lieu d’installation et ses caractéristiques

Les normes ne suffisent pas. Le site lui-même impose ses propres contraintes. Voici les sept points à examiner.

Dimensions et capacité du site

La taille et la capacité du site déterminent le choix des rayonnages. Une évaluation précise garantit qu’ils s’intègrent dans l’espace disponible, sans compromettre la sécurité ni l’efficacité.

Trois mesures sont indispensables pour éviter les surcharges et les risques structurels :

  • la surface au sol ;
  • la hauteur sous plafond ;
  • la capacité de charge du sol.

La planification doit aussi réserver l’espace des allées de circulation et des opérations de manutention.

Normes de sécurité et d’accessibilité

Les normes de sécurité et d’accessibilité sont primordiales dès la conception. Elles imposent notamment :

  • le respect des règles de prévention des chutes d’objets ;
  • la résistance des matériaux ;
  • l’accessibilité pour la maintenance et les situations d’urgence.

Il faut aussi des distances de sécurité adéquates entre les rayonnages et une signalisation claire. C’est ce qui protège les employés au quotidien.

Conditions environnementales

Certaines conditions du local pèsent sur le choix des matériaux et sur la conception des rayonnages :

  • l’humidité ;
  • la température ;
  • la présence de substances chimiques ou corrosives.

Dans un environnement humide ou corrosif, mieux vaut des matériaux résistants à la corrosion : acier inoxydable ou plastique.

Contraintes structurelles du bâtiment

Le bâtiment impose ses propres limites. Il faut vérifier :

  • la résistance des sols ;
  • la présence de colonnes ou de murs porteurs ;
  • les limites de hauteur.

Ces facteurs réduisent parfois les options de rayonnage. Ils appellent souvent des solutions sur mesure pour une intégration sécurisée.

Conformité aux réglementations locales

Chaque région peut avoir ses propres règles d’installation. Il est important de s’y conformer.

Ces réglementations locales peuvent porter sur la sécurité, la résistance au feu ou l’accessibilité.

Gestion de l’espace et optimisation

Maximiser l’utilisation de l’espace est un défi clé de toute installation.

Cela suppose de choisir des rayonnages adaptés à la taille et à la forme du local. Il faut aussi organiser les unités pour faciliter l’accès et la circulation.

Interactions avec les autres installations

Les rayonnages ne vivent pas seuls. Il faut anticiper leur interaction avec les autres équipements du site :

  • les systèmes de manutention ;
  • les équipements de stockage ;
  • les technologies de surveillance.

Exigences propres au secteur d’activité

Les besoins varient beaucoup d’un secteur à l’autre.

  • Le secteur alimentaire demande des rayonnages facilement nettoyables et résistants à la contamination.
  • Le secteur industriel a besoin de solutions pour charges lourdes et volumineuses.
  • Pour les produits longs, on se tourne vers le rayonnage cantilever.

Et si vos rayonnages sont d’occasion ?

Les mêmes obligations s’appliquent, sans exception. L’âge et l’origine d’une installation ne changent rien à la NF EN 15635 : ce qui compte est son état et son usage.

Trois points demandent une attention supplémentaire sur du matériel de seconde main.

La plaque de charge. Elle doit être présente et correspondre à la configuration réellement montée. Un rayonnage remonté à une hauteur de niveaux différente de l’origine n’a plus les mêmes capacités, et sa plaque d’origine devient fausse.

La traçabilité de la marque et du modèle. Les capacités de charge sont propres à chaque fabricant. Sans identification du matériel, aucune capacité ne peut être établie, et l’installation ne peut pas être vérifiée.

L’état des éléments avant remontage. Un contrôle à la réception, avant le premier chargement, évite de découvrir un montant déformé une fois l’installation pleine.

Un rayonnage d’occasion correctement identifié, complet et contrôlé se remet en service dans les mêmes conditions qu’un neuf. Un rayonnage d’occasion sans plaque, sans marque identifiée et sans contrôle, n’est pas une économie.

Ce qu’il faut avoir déterminé avant le premier contrôle

Un contrôle vérifie qu’une installation est restée conforme à ce qu’elle devait être. Encore faut-il savoir ce qu’elle devait être. Trois données fixent ce point de départ, et toutes les trois se déterminent avant la première palette.

La première est la charge admissible par niveau. C’est elle que la plaque affiche, et c’est à elle que le contrôleur compare ce qu’il trouve dans les alvéoles. Elle ne se déduit ni de l’épaisseur de l’acier ni du prix payé : elle dépend de la portée des lisses, de la hauteur du premier niveau et du montage réellement installé. Combien de kilos un niveau de rayonnage supporte réellement se calcule donc avant de commander, pas au moment de la visite.

La deuxième est le sol. La NF EN 15635 exige une surface plane, capable de reprendre les efforts transmis par les platines, mais elle ne dit rien de ce que votre dalle encaisse. Dès que les charges deviennent concentrées et permanentes, la question se déplace du rack vers le plancher. Le stockage d’archives en est l’exemple le plus net : quelques mètres carrés de papier dépassent vite ce qu’un plancher d’étage accepte, et le cas particulier du stockage d’archives en étage se traite alors comme un problème de structure du bâtiment avant d’être un problème de rayonnage.

La troisième est l’équipement de protection. Sabots, arceaux et protections d’échelle ne portent aucune charge, mais ils déterminent la vitesse à laquelle apparaissent les dommages orange et rouges décrits plus haut. Le sujet revient à trois reprises plus haut dans cet article : au moment des inspections, du classement des dommages, puis des normes elles-mêmes.

Ce qu’il faut retenir

La conformité aux normes pour les rayonnages industriels est cruciale. Elle garantit la sécurité, l’efficacité et l’utilisation optimale de l’espace en logistique. Ces exigences se lisent différemment pour chaque famille de rayonnage professionnel que vous installez.

Une installation sûre et performante repose sur trois conditions :

  • une compréhension approfondie des normes NF EN ;
  • une attention aux spécificités du site ;
  • la prise en compte des exigences du secteur.

Questions fréquentes

Le contrôle annuel des rayonnages est-il obligatoire ?

La NF EN 15635 fixe un intervalle maximal de douze mois entre deux inspections expertes. La norme n’est pas obligatoire en soi, mais elle constitue la référence technique permettant de démontrer le respect des obligations de sécurité du Code du travail.

Qui peut réaliser l’inspection experte ?

Une personne techniquement compétente et indépendante de l’exploitation quotidienne de l’installation. L’indépendance vis-à-vis de l’exploitation fait partie de l’exigence.

Quelle est la différence entre la NF EN 15512 et la NF EN 15635 ?

La 15512 encadre le calcul et la résistance des structures, elle concerne le fabricant au moment de la conception. La 15635 encadre l’utilisation et la maintenance, elle concerne l’exploitant tous les jours.

Que faire d’un montant enfoncé ?

Le faire classer selon le code couleur de la norme. Un montant déformé ne se redresse pas : l’acier a dépassé sa limite élastique et sa résistance n’est plus celle qui a été calculée.

Faut-il une plaque de charge sur chaque rayonnage ?

Elle doit être présente et refléter la configuration réellement installée. Sur du matériel remonté ou d’occasion, une plaque d’origine qui ne correspond plus au montage actuel est une information fausse.

André Pioutaz
Cet article a été rédigé par

André Pioutaz

André Pioutaz, gérant de Pro Occasion Rayonnage depuis plus de 20 ans (à votre service depuis 2005). Notre société s'articule autour de deux pôles : l'aménagement de surfaces commerciales et l'équipement de surfaces de stockage, avec la RSE et le matériel reconditionné au cœur de notre activité. Quel que soit votre point de vente alimentaire, bricolage, négoce de matériaux, jardinerie, bazar, jouet, textile, pharmacie, automobile… nous vous accompagnons sur l'intégralité de votre projet : réflexion, conception, réalisation du chantier et vérification des installations. Besoin de vous séparer d'anciens matériels ? Nous étudions aussi la reprise. Bienvenue dans l'avenir du stockage : bienvenue chez Pro Occasion Rayonnage.

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